Mini maisons, maxi rêves !

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V

enues des États-Unis, les tiny houses ou mini maisons en bois séduisent de plus en plus dans nos contrées. Deux Quimpérois qui se lancent dans l'aventure et un constructeur de Langolen nous livrent les clés de ce succès.





 

 

Un peu comme deux grands enfants trentenaires, Mathilde et Francesco attendent leur mini maison pour fin mars. Ils prendront alors le relais de leur constructeur pour en aménager eux-mêmes l'intérieur : lambris, mobilier et toilettes sèches. Cette part d'auto-construction limitera le budget global de l'opération à 42 000 euros.

 

Retour vers l'essentiel et la nature

La première motivation du jeune couple n'est pourtant pas économique. C'est d'abord la sobriété de cet habitat qui leur a plu. Les tiny houses occupent moins de 20 m2 au sol. À l'heure où la pression foncière et la réduction des terres agricoles posent problème, c'est déjà un atout.

Dans un petit espace, on accumule aussi moins d'objets. Voilà le leitmotiv : la « simplicité volontaire », le retour à l'essentiel, ils en ont besoin.

Et après neuf ans en ville, il est temps pour eux de se rapprocher de la nature ; vivre en mini maison, c'est presque vivre dehors. Sur le toit de leur tiny, il y aura d'ailleurs une terrasse. L'espace n'est plus dans le logis mais tout autour, souvent dans une prairie. Les deux tourtereaux rêvent tout haut :

 

 « On imagine déjà le rituel du soir, après une journée de travail : sortir de la voiture, mettre ses bottes et traverser un champ jusqu'à son nid douillet »

 

Du confort du bois vient aussi le nom du Penty Cosy, la mini maison signée Bois d'ici, un constructeur de Langolen. Mais c'est bien l'argument écologique que met en avant cette jeune entreprise. Avec sa scierie mobile, Jean-Daniel Blanchet peut même construire une tiny house avec les arbres de ses clients. En tout cas, il garantit un approvisionnement au plus près du chantier.

Renouvelable, le bois est également sain : chez Bois d'ici, les essences choisies sont adaptées et résistantes, elles se passent de traitement.

 

Un nouveau nomadisme

Mathilde et Francesco terminent leurs études de médecine. L'internat va les conduire ces prochaines années à changer de poste tous les six mois, dans tout l'Ouest Bretagne. Voilà pourquoi leur mini maison sera construite sur remorque, prête à déménager par la route dès qu'il le faudra, vers de nouveaux horizons. À une époque où l'instabilité professionnelle devient la règle, cette mobilité de l'habitat prend tout son sens.

 

Les Penty Cosy de Bois d'ici peuvent donc être construites sur châssis roulant permanent. Pour celles qui sont destinées à bouger moins souvent, le châssis fixe est plus indiqué. Mais il s'adapte à la remorque et l'entreprise peut assurer le déplacement de la mini maison.

 

Pour cette raison, une tiny house doit aussi être autonome. Souvent, l'électricité est solaire, choix qu'ont fait Mathilde et Francesco. Pour le chauffage, un poêle à bois ou un appareil à gaz suffit.

 

Mathilde et Francesco le reconnaissent, leur futur mode de vie est un pari. Ils verront bien s'ils s'accomodent d'un espace réduit. Mais ils sont confiants. Leur seule crainte portait sur l'approvisionnement en eau. C'est réglé pour l'instant puisqu'ils pourront raccorder leur tiny au réseau d'eau potable sur le premier terrain où ils s'implanteront.

 

Une expérience très partagée

Le terrain justement. Les « tinistes » forment une vraie communauté, organisée en réseau. Le site internet de Rosalie Life a relayé l'annonce de Mathilde, le bouche à oreille a fait le reste. Le jeune couple installera d'abord sa tiny dans le champ d'un maraîcher bio qui s'intéresse à l'expérience et met à disposition son terrain gratuitement !

 

 

D'autres troquent leur jardin en échange de services. Chez Bois d'ici, on peut s'installer à Langolen quelques temps si on s'engage à aider d'autres autoconstructeurs.

 

« On découvre des gens très éloignés de notre milieu habituel. On s'ouvre l'esprit et en plus on s'instruit ! »

 

Mathilde et Francesco ont mené leur petite enquête, rencontré ceux qui avaient adopté ce mode de vie, comme Marie-Jeanne, retraitée : elle vit dans une mini maison en centre Bretagne depuis un an, et ne regrette rien.

Alors nos deux futurs « tinistes » ont les yeux qui brillent...eux aussi ont hâte d'habiter leur « cabane pour les grands ».

 

Pour aller plus loin 

  • Conseils d'autoconstruction, plans et innovations
  • Prêts ou locations de terrains à petits prix
  • Législation sur l'habitat mobile, assurances et permis

 

Plus qu'un réseau, les "tinistes" forment un mouvement ! Les habitants de tiny houses échangent leurs expériences sur internet. Et c'est bien utile pour mutualiser des services ou partager des informations.