L'art de vivre sans poubelle

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Dans leur maison de Portsall, sur la côte nord du Finistère, Catherine et sa famille cheminent tranquillement vers un quotidien sans déchet... L'esprit étonnamment plus léger. Ce choix personnel pourrait bien se révéler contagieux, car même les vacanciers peuvent venir essayer.

 

Crédit © Romain Gicquiaux

« Les poubelles, c’est moche et encombrant ».

La phrase a l’air d’une boutade, mais pour Catherine Bourlier-Masson, c’est tout un mode de vie qui s'est dessiné ces dernières années, en direction du « zéro déchet ». Et en effet, vous ne trouverez pas de container en plastique devant cette maison contemporaine perchée sur une colline, à quelques encablures de la mer. Tout juste un bac à compost dans le jardin, en bois local et fabriqué sur mesure pour décomposer tous les déchets organiques du quotidien, résidus alimentaires ou mouchoirs en papiers, qui retourneront à la terre.

 

Crédit © Romain Gicquiaux

 

Sobriété dehors et dedans

Le jardin a d'ailleurs été pensé pour produire très peu de déchets verts : exit les arbustes envahissants qu'il faut sans cesse tailler. La surface d'herbe, réduite, limite la tonte, les plantes de dunes se passent d'entretien et d'arrosage.

 

À l'intérieur, l'ambiance est zen, les objets discrets, les étagères peu encombrées ; le sapin est décoré, mais sans excès et on apprécie sa verdure apaisante. Noël est d'ailleurs un point clé dans la démarche de Catherine, plus exactement le « trop-plein » qui choquait cette économiste de formation quand elle voyait ses enfants déballer tant de cadeaux et accumuler les emballages. Elle a su les convaincre : désormais, ils donnent chaque année un objet dont ils n'ont plus l'usage, avant de recevoir à leur tour.

Crédit © Romain Gicquiaux

Crédit © Romain Gicquiaux

Le déclic, Catherine l'a eu en découvrant l'action de Béa Johnson. Cette Française qui vit aux Etats-Unis jette en tout et pour tout un bocal de déchets par an, elle en a fait un symbole pour colporter les 5 principes de sa vie sans poubelle :

  • refuser,
  • réduire,
  • réutiliser,
  • recycler,
  • composter.

 

Catherine s'est approprié la démarche jusqu'à convier Béa Johnson à une conférence  quand elle a inauguré sa maison baptisée Biwa, « être en vie » en Breton.

 

Le chantier de construction de la maison a certes limité le plus possible son impact environnemental, mais c'est surtout l'aménagement intérieur qui accompagne le mode de vie « zéro déchet ». Y compris les meubles dont certains sont faits de matériaux de récupération.

 

Crédit © Romain Gicquiaux

 

Séduire sans donner de leçons

Dans une maison, les déchets naissent surtout dans la cuisine et la salle de bains. C'est donc là que la famille de Catherine organise et pense ses gestes quotidiens : cuisiner plutôt qu'acheter des plats préparés, boire de l'eau du robinet, fabriquer ses produits ménagers voire ses produits d'hygiène et cosmétiques. Bien sûr, il y a des limites ; impossible par exemple de fabriquer un dentifrice satisfaisant.

 

La vie sans déchet passe par un apprentissage, de nouvelles habitudes, des questions : cet objet plus solide donc moins enclin à devenir un déchet, a-t-il été fabriqué avec une économie optimale de ressources et d'énergie ? C'est une démarche personnelle, une réflexion qui s'élargit progressivement.

« j'ai découvert sur le tard que j'étais minimaliste. Avoir allégé ma vie matérielle a enrichi ma vie intellectuelle » confirme Catherine en souriant.

 

Quand elle fait ses courses, elle achète en vrac, y compris les viandes et poissons. Les commerçants locaux acceptent volontiers de remplir ses boites et bocaux et renoncent à leurs emballages jetables. Après tout, la démarche profite à l'économie locale, et elle intrigue au passage les autres clients qui s'interrogent à leur tour sur leur consommation.

« Il faut avoir conscience de son pouvoir de consommac'teur » souligne Catherine « il faut avancer tranquillement, sans agressivité, juste en montrant que ce choix de vie est agréable, simple et  joli ».

 

La contagion se fait aussi par connexion. Catherine travaille régulièrement avec les élus locaux et il existe d'autres familles qui expérimentent le  « zéro déchet » sur la communauté de communes du pays d'Iroise. Elles peuvent compter sur les conseils et les astuces de Catherine.

 

Des vacances pleines de sens

Mais le message de Biwa va porter bien au-delà. Car la maison est en location huit semaines par an. Déjà, il s'agit de contribuer à l'activité locale et de faire découvrir le Finistère aux touristes, notamment étrangers, qui pratiquent déjà la réduction des déchets et pourront se sentir comme chez eux. Mais l'idée est aussi de réduire l'impact du tourisme et de faire essayer aux vacanciers novices la vie sans poubelle et le retour à l'essentiel. Histoire de redécouvrir le sens du mot « repos ».

 

Inspiration pour tous : la famille zéro déchet

En octobre 2014, Bénédicte Moret, Jérémie Pichon et leurs enfants se lancent un défi : virer les poubelles de leur vie.

Un blog qui fourmille de trucs et astuces pour consommer sans avoir à jeter, une présence active sur les réseaux sociaux, et deux ans d'expérience partagée plus tard, voilà qu'ils ont lancé un véritable mouvement !

Leur groupe Facebook compte près de 6 000 membres, bien décidés eux aussi à tester la vie quotidienne plus sobre, moins polluante et...résolument amusante. Rosalie Life en fait (presque) partie !
Bénédicte et Jérémie donnent des conférences partout en France et ils viennent même de publier leur deuxième livre, destiné aux enfants : Les zenfants zéro déchets – Ze mission, chez Thierry Souccar éditions.

En savoir + sur la famille (presque) zéro déchets :