Ressourcerie Ti Récup’ : vos vieux objets peuvent encore servir !

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Ressourcerie Ti Récup’ : vos vieux objets peuvent encore servir !

 

Les ressourceries se développent dans le Finistère. A Morlaix (aux Chiffonniers de la Joie) ou à Quimper (à la Ressource-qui-rit), les particuliers peuvent se débarrasser de leurs vieux objets afin qu’ils servent à d’autres. Mais c’est à Carhaix-Plouguer, dans la plus grande ressourcerie du Finistère que nous sommes allés farfouiller. Avec ses 3 000 m2 de surface, Ti Récup’ est un paradis pour les personnes et les chineurs de tous poils.

 

 

Brigitte Maltet, directrice de Ti Récup

© Romain Gicquiaux

“Casimir symbolise les époques que traverse la ressourcerie à travers les objets qu’elle propose” plaisante la directrice Brigitte Maltet.

 

Lorsqu’on balaie du regard l’entrepôt de Carhaix, on ne peut pas manquer la sympathique bouille de Casimir. La peluche du monstre gentil de l’Ile aux Enfants surplombe les visiteurs depuis un balcon, avachi dans une chaise rétro en chêne.

Et c’est vrai qu’on déniche de tout dans les allées, et pour toutes les générations : ici des bandes dessinées pour vingt centimes d’euros, là un robuste buffet en chêne pour le prix d’un chevet en kit dans une grande surface. A vingt kilomètres de là, à Rostrenen, se trouve le deuxième site de la ressourcerie, plus petit. On y répare et on y vend plutôt de l’électroménager et des tondeuses à gazon. 

 

Ressourcerie : au coeur de l’économie circulaire

Le but premier de la ressourcerie est de faciliter la réutilisation des objets pour ne pas qu’ils terminent leur vie sous forme de déchets, aussi recyclables soient-ils. La deuxième mission, c’est la création d’emplois, sur le long terme. “Dans les recycleries ou chez Emmaüs, la préoccupation environnementale importe moins, explique Brigitte Maltet. On réinsère d’abord des personnes”. 

Julian, menuisier, explique à Blaise, en stage avec Pôle Emploi comment s'organise la ressourcerie

© Romain Gicquiaux

L’association Ti Récup’ fonctionne avec treize salariés, répartis entre Carhaix et Rostrenen. Les deux-tiers d’entre eux travaillent en CDI après être passés par un contrat à durée déterminée. Les postes ne sont pas subventionnés. Ils doivent donc être financés grâce aux ventes réalisées. Quand le geste écolo des uns permet de créer une nouvelle richesse, on est en plein dans l’économie circulaire. Dans sa ressourcerie, Brigitte Maltet livre une bataille de tous les jours contre l’obsolescence programmée des appareils électroniques, fléau de la société de consommation. “Il faudrait concevoir des machines à laver facilement réparables ! Les pièces détachées et le service autour serviraient l’emploi”.

 

270 tonnes de produits sauvés de la benne et valorisés par Ti Récup’

Brigitte Maltet marche sur les traces de son frère, créateur de la première ressourcerie de France, à Beauvais, trente ans plus tôt. Propriétaire d’une maison à Carhaix, elle convainc en 2011 les élus et les financeurs de sa région de participer à la même aventure. Banco ! Une convention est signée avec le SIRCOB, le syndicat intercommunal qui gère les déchetteries du Pays Centre-Ouest-Bretagne. Un an plus tard, les sites de Carhaix et de Rostrenen ouvrent leurs portes aux habitants du Finistère et des Côtes d’Armor. Ils peuvent également déposer leurs objets usagés dans les déchetteries de Carhaix, Rostrenen, Saint-Nicolas du Pélem, Locmaria-Berrien et Châteauneuf-du-Faou.

 

Des containers et des cabanes Ti Récup’ y sont installés. “Cette année, nous aurons récupéré 300 tonnes de produits. Moins de 8% de ce tonnage, difficile à valoriser, sera revendu localement, comme la ferraille, les livres en mauvais état et certains textiles” explique Brigitte Maltet.

 

A Carhaix, le camion passe tous les jours. Les habitants sont généreux !

© Romain Gicquiaux

 

Au camion !

Ce lundi de septembre, Riwal Beuzit et Loïc Marzin s’activent devant le cabanon estampillé Ti Récup’ à la déchetterie de Carhaix. Une valise, des jouets, des radiateurs, un canapé, les habitants ont été généreux ce week-end. Les va-et-vient vers le fourgon sont incessants. Loïc dépose, Riwal range. “Les 12m2 seront vite remplis !” A 37 ans, Loïc Marzin a vécu le développement de la ressourcerie comme président de l’association, au tout début, avant d’être embauché en CDI. “Je suis heureux de faire ce travail quand je vois des gens qui repartent avec de quoi se loger pour 100 ou 200 €”. Riwal Beuzit non plus ne va pas au boulot à reculons. Après une expérience dans le bâtiment, le jeune homme de 21 ans est l’un des derniers embauchés. “J’ai le sentiment de faire quelque chose d’utile pour limiter la pollution. Les gens sont contents de donner pour que ça reparte dans le circuit”. 

 

Riwal et Loïc remplissent le camion avec les objets déposés pendant le week-end à la déchetterie de Carhaix

© Romain Gicquiaux

Riwal fait du tri parmi les objets

© Romain Gicquiaux

 

Se rendre à Ti Récup :

Vallée du Roy, 29270 Carhaix-Plouguer
14 rue Marcel Sanguy, 22110 Rostrenen

 

Les horaires et jours d’ouverture et de dépôt sont sur le site : www.tirecup.fr

La mode s'invite aussi chez Ti Récup ! Et à petit prix

© Romain Gicquiaux

 

Comme Charlotte, les salariés (et les bénévoles) participent au déchargement du fourgon

© Romain Gicquiaux

Une association gérée comme une coopérative

Début octobre, le groupe s’est retrouvé dans un gîte à Paimpol pour un week-end convivial. Ces moments sont importants. “Chacun est au courant des rentrées d’argent et des difficultés que peut avoir l’association. Nous faisons des propositions tous ensemble au CA pour améliorer certains points. Ce n’est pas comme dans une entreprise classique où le patron impose ses points de vue” explique Brigitte Maltet. Une vingtaine de bénévoles vient aussi donner un coup de main régulièrement comme Joël et Francette qui tiennent la caisse de la boutique de vêtements. 

 

 

Ti Récup’ et les artistes

Venir à Ti Récup’, c’est accepter de faire un bond dans le passé. Mais grâce au détournement d’objets, c’est une galerie d’art que l’on découvre ! Encore une autre destination pour ces chaises et autres assiettes que l‘on pensait destinées à la poubelle. Depuis l’ouverture, la ressourcerie accueille des artistes de toutes disciplines.

 

Ti Récup laisse carte blanche aux artistes pour mettre en valeur les objets au départ destinés à être détruits ou recyclés

© Romain Gicquiaux

“Nous leur procurons de la matière. En contrepartie, ils exposent leurs créations aux personnes éloignées du domaine de l’art” se félicite Brigitte Maltet.

 

Quand la ressourcerie permet de… se ressourcer !