Marie-Claude, dossard n° 68937, Vétéran IV, 5 heures 30 minutes au Marathon de Paris

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Retraitée de l’enseignement, fidèle des cafés rencontres animés par Rosalie Life, Marie-Claude s’est lancé le défi de courir le marathon de Paris l’année de ses 70 printemps. Un 3 avril 2016 inoubliable que la Relecquoise nous raconte de l’intérieur.

 

“J’ai ressenti une solidarité, une chaleur, une bienveillance de la part de mes partenaires pendant la course. Chacun se surveillait pour ne pas se perdre, s’encourageait… Moi qui suis assez indépendante, c’est lors de ce marathon que j’ai découvert le bonheur d’être en groupe et de partager. Cette course est un cadeau inestimable."

Marie-Claude

 

Le déclic

Je me suis mise à la course sur le tard, à 48 ans. J’avais besoin de bouger et d’être en pleine nature. Les sports collectifs devenaient trop violents pour moi et la gym m’ennuyait. Le médecin m’a conseillé un sport d’endurance et j’ai essayé la course à pied. D’entraînements entre copines en petites courses de 10 à 15 km, j’ai eu le déclic. J’ai beaucoup de joie à courir. Quand on a des soucis, le moral est meilleur après, on relativise. Et puis, j’ai assisté à quelques marathons comme spectatrice. Je me revois à Berlin quelques années auparavant perchée dans un arbre pour encourager les coureurs avant la ligne d’arrivée. Quelle émotion! J’ai eu envie de vivre ça moi aussi.

La préparation

“Tu parlais encore après 15 km de course, je savais que tu pouvais le faire”. C’est une phrase d’une amie coureuse à propos du premier semi-marathon (21,1 km) que nous avons fait ensemble. “On t’embarque pour le marathon de Paris ! “ Gwen m’a coaché pendant les 3 mois d’entraînement, pas moins de quatre séances par semaine. Lundi et mercredi: 1h15 sur une dizaine de km; jeudi: course fractionnée pour le cardio avec accélérations et arrêts; samedi: une sortie longue de plus de 15km. Résultat: un mois avant le marathon, je réalisais “mon premier 30”. Gonflée à bloc après les entraînements, j’étais heureuse. J’ai aussi modifié mon alimentation en augmentant les légumes, le pain complet, les légumineuses et les fruits. Au niveau médical, j'ai pris les conseils d'un cardiologue, fait un test d'effort et une échographie. J'ai soigné mes pieds avec des semelles et j'ai "travaillé" la récupération en faisant… des siestes !

 
De haut en bas : Marie-Claude , les participants, Marie-Claude et Gwen . Crédit : Romain Gicquiaux
 

Le Jour J

3 avril 2016. 10h30 du matin. On s’élance sur les Champs-Elysées avec les coureurs de mon club, Guipavas Oxygène, dans la dernière vague. C’est parti pour 42 kilomètres ! Je découvre l’ambiance festive des courses, les points ravitaillement. Gwen, mon “coach”, régule la vitesse du groupe. A part de quelques échauffements des pieds, je ne souffre pas trop. Mais ça, c’est avant de passer “la barre des 30”, la fameuse... Après, la fatigue se fait progressivement sentir et mes jambes faiblissent. Il faut que j’atteigne les 37 kilomètres pour me dire que je peux y arriver. Et puis, il y a les encouragements du public, ma fille qui me suis en métro et relaie les encouragements de ses frères par téléphone, les petits orchestres disséminés sur la route. Je me sens portée. Je pense à tous ceux qui auraient aimé courir ce marathon et ne le peuvent pas ou plus: un enfant handicapé, un proche décédé…Je suis très émue.

 

L’enseignement

Je suis de nature solitaire. J’aime marcher en montagne, même seule, ou voyager à l’étranger par mes propres moyens. Ca a un côté égoïste, non ? Pendant le marathon, j’ai ressenti une solidarité, une chaleur, une bienveillance de la part de mes partenaires de course. J'ai compris la joie et l'émotion de nos coureurs attentionnés dont l'objectif était d'amener au bout les débutantes alors qu'ils pouvaient faire un meilleur chrono. Le club aujourd’hui, c’est comme une seconde famille. On m’a beaucoup soutenu, beaucoup donné. Je dois donner à mon tour maintenant. Je serai bénévole chaque fois que l'on aura besoin de moi pour encadrer des trails (NDLR : le trail est une forme de course à pied, sur longue distance, en milieu naturel, généralement sur des chemins de terre et des sentiers de randonnée en plaine, en forêt ou en montagne). Cette course est pour moi un cadeau inestimable.