Anne & Philippe : une nouvelle carrière au vert, les pieds dans le bleu...

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Anne Robart et Philippe de Saint-Victor ont ouvert au printemps 2016 un hôtel éco-responsable sur la côte du nord Finistère à Brignogan-Plages. Ils ont quitté la ville et ses sociétés du tourisme pour faire revivre un lieu des années 30, intiment ancré dans l'environnement marin et rural, en économie circulaire. La rénovation du site a été menée selon des exigences de développement durable, la carte du restaurant est « locale et de saison », autant que possible bio. Un projet qu'ils n'avaient pas imaginé aux premiers pas de cette entreprise et qui s'est imposé à eux comme une évidence !

 

Philippe & Anne, heureux propriétaires

© Marguerite Castel

Vue aérienne

© Hôtel de la Mer

 

« Brignogan n'est pas une destination facile. Mais cet endroit est une pépite car il est préservé. Il a une force naturelle qui fait la quintessence de notre démarche »

Faire revivre l'Hôtel de la Mer à Brignogan-Plages est autant un défi « personnel » pour ce couple aguerri aux nouveaux enjeux du tourisme éthique que pour ce village authentique -mais en désertification- où leur projet a pris racine. Après une vie professionnelle dense menée à Paris pour Philippe, dans les grandes agglomérations bretonnes et en voyage pour Anne, la cinquantaine signifie un virage audacieux et en couleurs : une nouvelle carrière au vert, les pieds dans le bleu !

 

« Je voulais quitter Paris et j'ai craqué pour le Finistère nord que Anne m'a fait découvrir. Mon idée était de reprendre la direction d'un hôtel existant et je suis tombé sur ce lieu à vendre. Je ne l'avais pas programmé, nous avons foncé tous les deux sans nous poser trop de questions. Cela a fait sens très vite avec notre démarche » explique Philippe.

 

La majesté du site, ses rochers, son sable fin, le rythme des marées et les champs environnants ont profondément inspiré le projet du couple. Un an et demi après l'acquisition, les voici aux commandes d'un hôtel restaurant « écolo-chic » rénové tambour-battant : huit mois de travaux impliquant une vingtaine d'entreprises de la région.

 

La chambre homard

© Hôtel de la Mer

 

Matériaux sains, consomm'action

Le cahier des charges de la rénovation répondait aux exigences du développement durable dès la dé-construction (tri et recyclage des matériaux) jusqu'au fonctionnement quotidien de l'établissement avec des matériaux sains, de l'énergie renouvelable et des gestes quotidiens éco-responsables.  Le bâtiment (composé de 18 chambres et 8 appartements équipés) est isolé en fibre de bois et chauffé au bois déchiqueté (filière locale) ; la peinture intérieure est sans pétrochimie et à base d'algues (cueillies à Plouguerneau et transformées à Rennes) ; les eaux de pluie sont récupérées (cuve de 20 m3 enterrée) puis filtrées pour le linge et les sanitaires ; les chambres sont sans clim !

 

« C'est plus coûteux d'être vertueux mais c'est un choix intime, nous veillons à responsabiliser les clients dans leur consommation d'eau et d'électricité » affirme Anne, attentive aux initiatives allant dans le sens du « faire bien avec moins ».

 

Le Pontusval

© Hôtel de la Mer

 

Au restaurant Le Pontusval (70 à 80 couverts), même parti-pris : une carte terre-mer de saison, concoctée avec des produits du terroir dont quelques algues. Le regard bleu d'Anne pétille dès qu'elle dégote un fournisseur de légumes bio ou un pêcheur qui veille à la ressource. Ces produits régalent l'esprit créatif des deux chefs en cuisine qui proposent une gastronomie inédite en quelques plats. Pas de surenchère, la juste mesure simple et raffinée.

La logique se décline jusqu'à la vaisselle « non jetable », des bouteilles en verre qui seront recyclées et des déchets traités au compost.

 

On retrouve l'ambiance marine au Spa, où les cosmétiques sont à base d'algues locales (transformées par le laboratoire Agrimer à Plouguerneau). Lorsqu'on a les pieds dans le plus grand champ d'algues d'Europe, on ne peut tourner le dos à une telle richesse naturelle !

 

Vue de la terrasse

© Marguerite Castel

 

Bienveillance et souplesse

La bienveillance et l'écoute accordées à la diversité de personnes qui fréquentent désormais l'Hôtel de la Mer sont les autres points forts du couple hôtelier, qui souhaite les transmettre au personnel (20 saisonniers). A ce tournant dans leur carrière, Anne et Philippe cherchent à exprimer leurs compétences humaines pour s'accomplir.

 

« J'ai toujours aimé chercher les solutions de vacances qui répondent vraiment aux besoins des clients, le pack « all inclusive » ne m'intéresse pas. Ici, on peut proposer quelque chose d'authentique en lien avec ceux qui y vivent et cela me semble essentiel »

 

Le chemin de randonnée (GR 34) qui longe l'hôtel côté mer n'a d'ailleurs pas été coupé. Au contraire, randonneurs, promeneurs du dimanche et clients en terrasse s'y fondent en toute simplicité. Et ceux qui ne sont pas à la montre s'arrêtent pour déguster des huîtres ou une « lichouserie *» à toute heure, côté bistrot-salon de thé. Cette souplesse de service est judicieuse pour attirer et garder les visiteurs de Brest, de Paris, d'Europe ou d'Australie dans ce petit coin de paradis de la côte des Légendes qui avait perdu de sa vitalité mais conserve son âme. 

Depuis les années 30, la vie du lieu avait toujours été festive et joyeuse. Des générations y ont dansé, s'y sont marié, d'autres y ont fait leurs classes de mer. Anne et Philippe souhaitent lui redonner vie dans le respect de sa mémoire et l'ambition d'un équilibre, d'une qualité.

Le phare de Pontusval semble se réjouir de voir comme un esprit des lumières s'animer à ses côtés.

 

*Lichouserie : pâtisserie bretonne

Consulter le site de l'Hôtel de la Mer